Outspiration: un jardin d’inspiration qui prend racine dans le sol

01/01/2020 - 00:00

D’un jardin d’exposition traditionnel essentiellement consacré aux pavés et aux revêtements à un espace verdoyant où se côtoient aménagements minéraux, végétation, eau et biodiversité.

Avec Outspiration, le fabricant belge de produits en béton EBEMA STONE & STYLE a entièrement repensé son ancien jardin d’exposition.

Dès le début des travaux d’aménagement, l’importance de ce qui reste invisible une fois le jardin terminé est devenue évidente : le sol. Une épaisse couche de gravats, de la terre nouvellement apportée qu’il a fallu analyser au préalable, des végétaux sélectionnés en fonction des conditions du sol… Ce projet illustre parfaitement pourquoi la réussite d’un jardin commence sous la surface.

Nous avons échangé à ce sujet avec Leen Berckmans, responsable du projet Outspiration, et Bjorn Hulsmans, chef de produit chez Aegten, distributeur de TerraCottem en Belgique et l’un des partenaires du projet.

Leen, le jardin Outspiration n’a plus grand-chose à voir avec l’ancien jardin d’exposition d’EBEMA. Quel était votre objectif avec ce nouveau projet ?

Leen : Notre ancien jardin d’exposition ressemblait un peu à un supermarché de pavés et de revêtements. Les différents produits étaient présentés côte à côte, mais il était difficile de s’imaginer le résultat dans un véritable jardin.
Aujourd’hui, les visiteurs veulent pouvoir se projeter et découvrir à quoi pourrait ressembler leur propre jardin. Quel résultat obtient-on lorsqu’on associe les revêtements à des plantations, des arbres, des éléments aquatiques, de l’éclairage et du mobilier d’extérieur… ?

C’est pourquoi nous avons fait appel à des partenaires aux expertises complémentaires, non seulement pour les plantations, mais aussi pour le sol, l’irrigation et les aménagements aquatiques. Nous avons ainsi pu offrir aux visiteurs une expérience complète du jardin.

Cette collaboration est essentielle. Un bon paysagiste possède de solides connaissances, mais ne peut pas être expert dans tous les domaines. En réunissant des spécialistes aux compétences complémentaires, on obtient de meilleurs résultats.

Cette collaboration s’est rapidement révélée indispensable lorsque vous avez rencontré un imprévu lors des travaux de terrassement, n’est-ce pas ?

Bjorn : Oui. Au départ, nous avions prévu de décaisser le terrain sur une profondeur d’environ 30 cm, puis d’apporter de la terre végétale. Mais nous sommes tombés sur une épaisse couche de gravats. Avec le recul, ce n’était peut-être pas si surprenant, puisque la majeure partie de la surface était auparavant pavée.

Nous avons finalement dû creuser plus profondément et apporter de la nouvelle terre. Mais bien sûr, ce n’était qu’une première étape. Nous avons d’abord fait analyser cette terre afin de déterminer les mesures nécessaires pour rééquilibrer le sol.

Vous dites « bien sûr », mais est-ce une pratique courante sur le terrain ?

Bjorn : Non, pas du tout. C’est justement là que les problèmes commencent souvent.

On entend encore trop souvent : « Il suffit d’apporter de la bonne terre noire et tout ira bien. » Pourtant, une terre nouvellement apportée n’est pas nécessairement de bonne qualité. Il arrive même que l’on décaisse inutilement un sol existant pour le remplacer par une terre qui n’est pas meilleure.

Le sol est aussi un milieu complexe. Prenons l’exemple du pH. Beaucoup de personnes ont en tête une valeur qu’elles considèrent comme idéale. Or, le pH adapté dépend notamment du type de sol. Sans analyse de sol, il est difficile de connaître précisément les conditions de départ.

C’est pourquoi, pour nous, tout commence par une analyse de sol. Quel est son pH ? Quels éléments nutritifs contient-il ? Qu’en est-il de sa structure et de son activité biologique ?

"De quoi le sol a-t-il besoin pour favoriser une bonne croissance des végétaux ?"

Selon vous, accorde-t-on suffisamment d’attention au sol dans les projets d’aménagement paysager ?

Bjorn : Le sol ne reçoit pas toujours autant d’attention que les éléments visibles en surface, alors qu’il constitue la base de tout aménagement paysager réussi. Et chaque sol est différent. C’est pourquoi nous préférons commencer par une analyse de sol. Elle nous permet de bien comprendre les conditions existantes et de déterminer précisément les améliorations nécessaires.

Leen : C’est également ce qui est ressorti très clairement de nos échanges avec la pépinière Mentens, chargée de fournir les arbres, les arbustes et les plantes vivaces du projet. Leur message était simple : « Nous pouvons fournir les végétaux les plus beaux et de la meilleure qualité possible, mais si les conditions du sol ne sont pas adaptées, ils ne pourront jamais exprimer tout leur potentiel. »

Cela résume bien toute l’importance du sol.

Le choix des végétaux a-t-il également été influencé par les conditions du sol ?

Leen : Oui. L’architecte paysagiste avait initialement prévu d’autres végétaux, mais la pépinière Mentens a revu certains choix pour mieux les adapter aux conditions du site.

Bjorn : Prenons l’exemple de l’if, qui était initialement prévu. En raison de la présence d’une couche compacte en sous-sol, ses racines risquaient de se retrouver dans un sol trop humide. Or, l’if est particulièrement sensible à l’excès d’humidité. Nous avons donc opté pour Prunus lusitanica.

Cela montre à quel point il est important de tenir compte des conditions du sol dès le début du projet, notamment lors du choix des végétaux.

Outre l’amélioration du sol, vous avez également utilisé TerraCottem arbor lors de la plantation des arbres. Pourquoi ce choix ?

Bjorn : Après avoir évalué les mesures nécessaires pour améliorer le sol et stimuler son activité biologique, j’ai également souhaité améliorer sa capacité de rétention d’eau.

Le jardin accueille plusieurs arbres remarquables de grande taille. Pour la pépinière Mentens, il était essentiel de leur offrir les meilleures conditions possibles afin de favoriser leur bonne reprise dès la plantation. C’est pourquoi nous avons incorporé TerraCottem arbor, un amendement du sol, à la terre de plantation.

Pour moi, cette solution s’inscrit dans une approche globale de la gestion du sol. Il faut d’abord s’assurer que les conditions de base sont bonnes, puis déterminer quelles mesures complémentaires peuvent être utiles.

TerraCottem arbor est incorporé au sol en une seule application, lors de la plantation des arbres et des arbustes. Il stimule le développement racinaire et favorise la rétention d’eau dans la zone racinaire, contribuant ainsi à une bonne reprise des végétaux, à une réduction du risque de perte et à une diminution des besoins d’entretien.

L’eau est donc également retenue dans le sol, mais la gestion de l’eau à Outspiration va bien plus loin, n’est-ce pas ?

Leen : Nous avons notamment aménagé deux noues paysagères et une zone d’infiltration. Ce n’était pas obligatoire pour ce projet, mais nous avons délibérément souhaité jouer un rôle éducatif et montrer aux visiteurs ce qui est possible.
De plus, nous disposons d’un système d’arrosage relié à une station météo. Si de la pluie est prévue, l’arrosage est interrompu dès la veille. Nous essayons ainsi d’éviter tout arrosage inutile.

Les arbres sont d’ailleurs raccordés à un autre circuit d’arrosage. Ils sont arrosés moins souvent, mais davantage à chaque fois, ce qui stimule les racines à s’enfoncer plus profondément au lieu de rester en surface.

Si l’on observe le jardin quelques mois après son aménagement, qu’est-ce qui frappe ?

Bjorn : La différence est énorme. En comparant les photos prises juste après l’aménagement à l’état du jardin quelques mois plus tard, on constate à quel point les plantes ont bien poussé.

Et pourtant, nous venons de traverser un été difficile. Malgré cela, nous constatons très peu de pertes et une très bonne croissance des plantes.

C’est aussi, pour moi, le message de ce jardin. Cela ne tient pas à un seul produit ou à une seule intervention. Il faut bien maîtriser l’ensemble : le sol, le choix des plantes, la vie du sol, la gestion de l’eau, l’arrosage…

Si l’on s’appuie sur ces bases, on voit tout ce qu’il est possible de faire.

Mai 2026

Août 2026

Outspiration accorde aujourd’hui beaucoup plus de place à la végétation que l’ancien jardin d’exposition. Est-ce un choix délibéré ?

Leen : Absolument. Le jardin s’étend toujours sur une superficie d’environ 2 800 m², mais nous avons réduit les surfaces revêtues de 2 000 m² à environ 1 000 m². Pour un fabricant de produits en béton, c’est un changement important.

Nous souhaitons toujours mettre en valeur et commercialiser nos produits en béton et nos revêtements, mais nous sommes également conscients de la place croissante accordée au végétal.

Selon moi, les jardins de demain accorderont davantage d’importance à la végétation, à la rétention d’eau et à la biodiversité. Cela ne signifie pas pour autant que tous les jardins doivent devenir entièrement sauvages.

À Outspiration, nous avons volontairement associé différents styles de jardins. Outre les jardins de style champêtre, contemporain et méditerranéen, nous avons notamment créé un jardin naturel, où nous laissons davantage la nature suivre son cours.

Ainsi, chaque visiteur peut trouver des idées qui correspondent à ses goûts, tout en découvrant comment intégrer davantage de végétation dans des jardins aux styles très différents.

En matière de biodiversité, nous avons fait appel à Leon Brabers, de Biotoop. L’un de ses principaux messages est qu’il n’est pas nécessaire de réaménager entièrement son jardin pour favoriser la biodiversité. On peut commencer à petite échelle. Par exemple, il suffit de semer quelques mètres carrés de pelouse avec un mélange de fleurs sauvages pour laisser progressivement plus de place à la nature.

C’est aussi ce que nous souhaitons montrer ici : un jardin bien structuré et des espaces plus naturels peuvent parfaitement cohabiter.

Bjorn : Je ne pense pas non plus que tout le monde souhaitera du jour au lendemain avoir un jardin entièrement sauvage. Les jardins aux lignes épurées garderont leur place. Mais même dans un jardin contemporain et très structuré, il est possible d’intégrer davantage de végétation. On peut aussi laisser certains espaces évoluer plus naturellement.

Le message est avant tout clair : redonnons plus de place au végétal.

Qu’aimeriez-vous que les visiteurs retiennent de leur découverte d’Outspiration ?

Leen : Que le béton et la végétation peuvent parfaitement cohabiter en harmonie. Nous souhaitons inspirer les visiteurs à travers différents styles de jardins, revêtements et aménagements végétaux, tout en les sensibilisant à la biodiversité, à la rétention d’eau, aux noues paysagères, à l’arrosage et à l’importance du sol.

Les visiteurs pourront également scanner des codes QR pour en savoir plus sur les différentes zones du jardin et les choix qui ont guidé leur aménagement.

Bjorn, selon vous, que nous apprend Outspiration sur l’importance du sol ?

Bjorn : Partir sur de bonnes bases peut faire toute la différence. Il faut commencer par une analyse de sol, identifier ses besoins, puis adapter le choix des végétaux et les différentes interventions en conséquence.

Malgré un été particulièrement difficile, les végétaux se sont remarquablement bien développés en peu de temps, avec très peu de pertes.

L’importance du sol n’est peut-être pas immédiatement visible lorsqu’on se promène dans le jardin.

"Pourtant, sans cette base essentielle, nous n’aurions jamais pu obtenir de tels résultats."

Si vous connaissez quelqu’un à qui cet article pourrait être utile, n’hésitez pas à partager le lien.

Si vous souhaitez découvrir Outspiration par vous-même, planifiez votre visite ici :

Visitez Outspiration

outspiration.be

Pour plus d’informations sur le jardin :

Le jardin commence sous terre | Outspiration